Riverdream, George R.R. Martin

Publié le par Blanche

9782290006733.jpg

 

 

 

Résumé :

 

Mississippi, 1857. Quel capitaine de vapeur sensé refuserait le marché de Joshua York ? Cet armateur aux allures de dandy romantique offre des fonds illimités pour faire construire le navire le plus grand, le plus rapide et le plus somptueux que le fleuve ait jamais connu. En échange de quoi ses exigences paraissent bien raisonnables : garder la maîtrise des horaires et des destinations, et, surtout, ne jamais - à aucun prix - être dérangé dans sa cabine hermétiquement close, dont il ne sort qu'une fois la nuit tombée.
Voilà enfin l'occasion qu'attendait le capitaine Marsh, vieux loup de rivière aux proportions gargantuesques, pour relancer sa compagnie en perte de vitesse. Si ce formidable vapeur lui permet de coiffer ses concurrents au poteau, peu lui importe les lubies de l'étrange armateur. Jusqu'au jour où une vague de meurtres sanglants apparaît dans le sillage du Rêve de Fèvre...

 

Coup de coeur

 

Mon avis :

 

 

Le résumé laisse deviner la nature de Joshua, et j'avais envie de lire ce genre d'histoire, réaliste et bien écrite, sans tomber dans les délires vampiresques des auteurs qui surfent sur la vague et inventent tout et n'importe quoi pour être « originaux ».

Et G.R.R. Martin me semblait un gage de qualité. Je ne regrette pas ce choix un seul instant.

 

Un élément qui me semble important de préciser, c'est la date d'écriture de ce roman : en 1983. C'était donc au début de la carrière de ce grand auteur, qu'on connait surtout pour son cycle du Trône de Fer. Ses débuts, certes, mais il avait déjà l'étoffe d'un conteur talentueux.

 

Nous voilà donc plongés dans l'Amérique des années 1850, une époque où les gens commençaient à se poser des questions sur la légitimité de l'esclavage et où le chemin de fer faisait à peine son apparition.

Le personnage principal de cette histoire, Abner Marsh, est bien loin des héros habituels : il est imposant (et ce n'est pas que du muscle), il a un visage ingrat, aucun succès avec les femmes, il est rude et grossier. Et pourtant... c'est un homme intelligent, perspicace. Et surtout, surtout, loyal.

Sur la couverture, Joshua me fait penser à Johnny Depp, et c'est avec cette image que j'ai lu le bouquin. Et ça colle parfaitement. Si le suspens concernant sa nature véritable est pour le moins gâché, il n'en demeure pas moins que Joshua est une personne humaine, gentille même. Presque naïve dans son rêve, et c'est ce qui le rend si touchant.

 

Leur association, à la base purement intéressée, devient rapidement, au fil des pages, une amitié sincère autant qu'étrange tant les deux sont différents. Et cette amitié amène une loyauté sans failles, malgré les évènements. Car même si tout semble perdu, ils ne renoncent jamais.

 

Ce livre semble avancer au rythme du fleuve, qui s'écoule paresseusement. Presque indolent. Et pourtant, il est envoûtant : l'auteur nous entraîne dans cet univers fascinant de rivalité entre les mariniers, de vie difficile et de grands idéaux.

 

Peu de temps avant, j'avais lu un autre livre, où l'auteur faisait raconter l'histoire d'un peuple par un personnage. Ce récit devait prendre une dizaine de pages, et je me suis tellement ennuyée que j'ai joyeusement sauté ce passage. Or, dans Riverdream, l'un des personnages raconte sa vie, au sens propre, dans un long monologue d'une trentaine de pages il me semble. Et c'est là qu'on réalise les qualités d'un écrivain, car je ne me suis pas ennuyée une seule seconde : j'ai été happée par ce récit dans le récit.

 

Ce livre est donc, pour moi, un magnifique plongeon dans une autre époque, où l'amitié semble retrouver toute sa signification. La plume de Martin rend cette histoire vraiment prenante et il a su dessiné des personnages particulièrement touchants.

Un vrai coup de cœur.

 

Commenter cet article