Rivemorte, Chap.23

Publié le par Blanche


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Un tonnerre d'applaudissements retentit sur la place, faisant vibrer le mur contre lequel Elland est adossé. Les troubadours reviennent plusieurs fois sur scène, sollicités par les encouragements de la foule. Puis les cloches de la Grand Tour Célestis annoncent minuit, sonnant l'heure du départ. Les premières familles regagnent la douceur de leur logis tandis que les artistes rangent leur matériel.

A regrets, le voleur se détache de son mur, et s'éloigne, encore bercé par les histoires racontées. Il hâte progressivement le pas, impatient de retrouver Echidna et de partager avec elle la magie du moment. Et de lui soumettre son hypothèse : l'ombrelle qu'elle a mangé avait sans doute été ensorcelée par les Clamadinis. Il emprunte les ruelles désertes, peu désireux d'entendre les voix exaltées des enfants qui s'émerveillent encore du spectacle.

C'est alors qu'il les entend. Des bruits de pas, lourds, menaçants. Manifestement, ceux qui le suivent ne cherchent pas à être discrets. Elland élimine donc la possibilité d'être poursuivi par des voleurs ou des assassins. Au pluriel, oui, car il y a, sans aucune doute possible, au moins deux personnes derrière lui.
L'air de rien, il tourne à gauche, s'éloignant de son repère. Avec un peu de chance, ce n'est qu'un couple qui rentre chez lui après une soirée agréable dans l'une des tavernes de la ville. Ou d'autres spectateurs des troubadours; après tout, il y avait beaucoup de monde.
A gauche à nouveau. Les pas le suivent toujours. Encore à gauche. Il tourne en rond, le bruit des semelles sur le pavé devrait s'éteindre.

Mais ils sont toujours là. Pire, ils semblent accélérer. Il jette un rapide coup d'œil derrière lui. Deux miliciens, dont les armoiries brillent fièrement à la lueur de la lune. Son cœur bat si fort qu'il a l'impression que toute la ville peut l'entendre. Sa foulée s'allonge tandis qu'il tente de garder un air impassible. A droite maintenant. Les pas résonnent plus rapidement entre les murs délabrés. A gauche, sa foulée devient petite course silencieuse. Droite. Gauche. Regard en arrière. Ils sont toujours là et courent désormais.

Retenant un juron, Elland s'élance. Il ignore ce qu'ils veulent, et à vrai dire, il ne tient pas vraiment à discuter avec eux. Il connaît la ville comme sa poche. Il sera facile de les semer, de disparaître. Les ruelles se succèdent rapidement, et il s'enfonce toujours plus dans les méandres de la ville. Avant de tourner au coin d'un bâtiment, il jette un regard derrière lui. Les miliciens sont cramoisis, suants et ahanants, mais ils sont toujours là. Charogne ! Ne vont-ils jamais le...

Le choc est si violent qu'il se retrouve le derrière par terre, le souffle coupé. Face à lui, deux autres gardes se dressent, tout autant surpris. Deux devant, deux derrière. La situation se complique. Elland tente de se relever, de fuir encore. Du coin de l'oeil, il aperçoit un bouclier en bois, aux nobles armoiries, s'approcher dangereusement de son crâne. Sans pouvoir esquisser un geste de défense, il sombre dans le néant.

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Awira 16/01/2011 12:25


Les choses deviennent plus serieuses et dangereuses pour Elland... Qu'a-t-il bien pu faire pour qu'on le pourchasse ?! M'en vais courir lire la suite de ce pas !


Blanche 16/01/2011 21:45



Merci *o*