Rien ne nous survivra, Maïa Mazaurette

Publié le par Blanche

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Résumé :

 

Les jeunes ont rasé Paris, ont renversé les fondamentaux de notre société ; les jeunes ont osé briser le plus délicieux des tabous : tuer les vieux.
Tous les vieux. À partir de vingt-cinq ans. Laissez les Théoriciens vous expliquer pourquoi. Dans cette atmosphère de guerre civile, de poudre et de béton calciné, deux snipers émergent. Silence, l'idole que les jeunes suivraient en enfer, et l'Immortel, qui compte bien faire vivre l'enfer à Silence. Quel meilleur terrain de chasse que les toits parisiens ?

 

Perplexe

 

Mon avis :

 

J'avais vraiment beaucoup aimé Dehors les chiens, les infidèles, de cette auteur, et j'avais très envie de découvrir ce roman. J'aime beaucoup tout ce qui est du genre anticipation, et le résumé me paraissait vraiment très alléchant.

 

Les quelques critiques que j'ai pu lire sur ce bouquin ne sont pas élogieuses, loin de là ( http://www.actusf.com/spip/Rien-ne-nous-survivra.html ). Mon avis est pourtant bien moins tranché.

 

C'est un livre dérangeant, en fait.

 

Dérangeant, parce qu'il aborde des thèmes que je n'avais encore jamais lu. Cette guerre entre les jeunes et les vieux m'a glacée, parce qu'elle semble si possible, si réelle. Et puis, parce que le récit est parsemé de tracts idéologiques. Et si j'ai compris et presque accepté certaines idées comme justification de la guerre, d'autres m'ont laissé franchement sceptique.

 

Et on se rend compte que les jeunes prônent des idées qui, s'ils les appliquent jusqu'au bout, mènent à l'anéantissement de l'espèce. Alors même si les principaux narrateurs sont jeunes, même si on a envie d'être de leur côté, il reste toujours ce goût amer en bouche.

 

Parce que je me suis attachée à Silence et à l'Immortel. Silence, mystérieux jusqu'au bout : j'ignore toujours si c'est un homme ou une femme. Silence, ce sniper héros des jeunes, toujours là au bon moment. Même si ses actes sont parfois franchement border-line. En fait, dans un autre livre, dans un autre contexte, Silence m'aurait semblé être complètement psychopathe.

L'Immortel, qui voit Silence tuer sa copine du moment et qui décide de se venger. Et cette vengeance va devenir une véritable obsession.

 

Les jeunes ont tué leurs parents, pris des pseudos pour s'affranchir du dictat du prénom choisi par des vieux. Ils ont détruit des quartiers entiers de Paris. L'ambiance est là, complètement, étouffante, poignante, dérangeante. Le froid, la faim. La douleur. Les détritus et les gravats qui s'entassent. Les rats qui pullulent. La guerre entre les clans, qui fait sans doute autant de ravages que le conflit. Les vieux, vétérants des anciennes guerres, qui prennent les armes contre leurs propres enfants parfois. La paranoïa, les suspicions, les traîtrises.

Le compte à rebours, annoncé par l'Union Européenne, qui a donné 90 jours de délai pour résoudre la crise. Ensuite, les bombardements se chargeront de calmer les ardeurs adolescentes.

 

Et puis, au fil de l'histoire, on se détache un peu de la guérilla pour suivre la « relation » l'Immortel/Silence. Et je me suis laissée envoûtée par l'histoire, je voulais savoir où l'auteur nous emmenait.

 

Il y a des soucis de cohérence, à mon avis, comme l'ultimatum de l'UE, le fait que les vieux continuent d'aller au restaurant, comme si de rien n'était. Mais ça n'enlève pas vraiment la force du roman.

 

Même la fin est dérangeante. Mais je n'en dirais pas plus.

J'ai été complètement embarquée par ce roman. Mais je suis bien incapable de dire si je l'ai aimé ou non. C'est vraiment un livre à l'atmosphère dérangeante, aux idées dérangeantes. Un livre étrange, qui laisse des traces.

Publié dans Fiche de lecture : SF

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