Louis le Galoup, T.1, Jean-Luc Marcastel

Publié le par Blanche

  Louis le Galoup

 

Résumé :

 

La nuit, le feu, une grande forteresse assaillie, une créature monstrueuse, un loup terrible, un loup debout, un galoup.
Tel est le cauchemar qui hante Louis, dans son village au bout du monde, près de la Grande Brèche et de sa lueur maudite. Derrière le simple garçon des montagnes, un autre se cache, plus griffu, plus sauvage, plus loup, qui attend son heure. Mais cet autre sera-t-il assez fort pour sauver son frère Séverin, l'impétueuse Roussotte, et le royaume ? Car le Vicomte de Marsac et ses barons maléfiques se sont emparés du pouvoir et comptent bien le garder.

 

Coup de coeur

 

Mon avis :

 

Ce roman me faisait de l'oeil depuis un sacré moment, mais je n'arrivais pas à tomber dessus et j'étais presque prête à me résigner à le commander quand je l'ai trouvé, par hasard, d'occasion. C'est une édition épuisée mais magnifique, avec beaucoup d'illustrations à l'intérieur. Un vrai régal et pas uniquement pour les illustrations.

 

Autant le reconnaître tout de suite, ce n'est pas une histoire fabuleusement originale. On retrouve le jeune garçon, qui apprend sa véritable nature et le destin qui l'attend. Mais, après tout, si tant de romans tournent autour de ce thème, c'est aussi parce que c'est un scénario qui fonctionne.

 

Et ce serait vraiment un tort de passer à côté de cette saga uniquement pour cette raison. Car l'auteur a su m'embarquer. Il se dessine, dans ce premier tome, tout une galerie de personnages, qui ne peuvent pas laisser indifférents. Certes, pour l'instant, on a une impression très manichéenne, avec des méchants très méchants, pas beaux (dans le cas de la famille de Louis), et des gentils vraiment gentils. Mais c'est bien au delà de ça, car certains méchants ont réussi à me coller des sueurs froides. Et les gentils, j'aurais bien envie de les rencontrer. Car l'auteur ne se contente pas de placer ces personnages là, mais il leur donne réellement vie.

 

Vu comme ça, on pourrait croire que c'est un énième livre jeunesse, avec ces clichés et ces travers, un énième bouquin vite lu, vite oublié. Pas du tout. Car si les éléments cités font légèrement pencher la balance en faveur d'un livre banal, tout le reste en fait une histoire merveilleuse.

Le village au bout du monde, déjà. L'auteur nous entraîne dans une fresque presque historique, médiévale, mais dans un monde différent du nôtre. L'histoire se passe en Occitania, suite à une presque apocalypse, et la géographie a été totalement bouleversée.

 

On est littéralement plongés dans ce village, on marche derrière les pas de Louis et on affronte l'hiver avec lui. C'est vraiment très immersif et j'ai trouvé le cadre très original.

L'imaginaire des galoups, ou loup-garou, est très travaillé, très cohérent, et comble parfaitement l'amatrice de lycanthropes que je suis. J'adhère, j'aime, j'en veux plus !

 

Mais ce qui m'a le plus plu, dans ce roman, c'est la plume de l'auteur. Et comme des extraits valent mieux qu'un long discours, voilà des exemples :

 

« Alors, en rupture de patience, le Père Georges se redressa. D'une voix formidable, celle qu'il réservait aux sermons d'église, il hurla : '' Mais vous allez me fermer un peu vos clapets à sornettes ! Dieu va en attraper mal à la tête, d'entendre votre bêtise jusqu'au Paradis !''.

L'effet fut radical. Dieu, par ici, on ne rigolait pas avec.  C'est que le Diable n'était jamais bien loin, dans le pays, et qu'on craignait bien trop l'un pour se passer l'autre, surtout un jour comme celui-là. Et puis, le Père George, tout curé qu'il était et portant bure, il vous allongeait de ces torgnoles à assommer un bœuf. Même ce teigneux de Ferluc, bâti comme un taureau, en savait quelque chose ».

 

« Il demanderait au Père Georges de l'aider. Dieu devait bien pouvoir le guérir. Il se sentait prêt, du fond de sa terreur, s'il le fallait, à ingurgiter trois tonneaux d'eau bénite, et, lesté de dix bibles pour faire bonne mesure, à se noyer dans un quatrième. »

 

C'est une écriture jubilatoire, dans un style très vivant, qui alterne les expressions familières et les comparaisons qui font mouches. Et c'est ce qui donne, à mon avis, le plus de charme à cette histoire et qui fait toute son originalité.

Et en prime, l'auteur nous gratifie, en fin de roman, d'un carnet de recettes de cuisine, qui se faisaient dans cette partie de la France au Moyen-Age, avec cet humour et cette ironie si agréable.

 

Ce roman a été une vraie découverte, un délice à lire. Le deuxième m'attend et il ne moisira pas au fond de ma Pile à Lire, c'est une certitude.

Un vrai coup de cœur, pour un roman que je recommande vivement !

 

Vous pouvez retrouver un extrait du premier chapitre ici

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