Le croque-mort a la vie dure, Tim Cockey

Publié le par Blanche

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Résumé :

 

Un petit boulot tranquille, croque-mort.
Une ville banale, Baltimore. Une vie rêvée. C'est bien ainsi que l'entendait Hitchcock Sewell avant que ne débarque, au beau milieu d'une veillée mortuaire, une charmante demoiselle qui lui demande comment organiser un enterrement. Le sien. Et voilà ce pauvre Hitch entraîné malgré lui dans une sombre affaire de chantage. Entre son extravagante ex-femme, un vieux camarade de collège, une séduisante détective et quelques politiciens véreux, Hitchcock a fort à faire pour ne pas se retrouver lui-même six pieds sous terre.

 

Mon avis :

 

Comment ne pas craquer face à un tel résumé ? Parce que les journalistes, les détectives et les écrivains font certes d'excellents enquêteurs, mais ils sont devenus très classiques. Alors que les croque-morts, c'est déjà moins fréquent. Et quel croque-mort !

 

Ce qui fait, à mon sens, tout le charme de ce roman est la narration de Hitchcock Sewell, croque-mort de son état, donc, au verbe fleuri et spontané. Il se montre toujours très respectueux face aux morts et aux proches venus aux enterrements, mais ça ne l'empêche pas d'avoir un franc parler bien loin des conventions. Il a ce détachement propre aux professionnels de ce milieu pour qui, finalement, le mort n'est qu'un client de plus.

Et il a un sens de l'humour très appréciable :

 

«  - Pourriez-vous transmettre ce mot au détective Zabriskie ? Demandai-je au planton.

Il regarda l'enveloppe :

        C'est personnel ?

        C'est ce qui est écrit.

        Je le lui transmettrai.

        Merci.

        Ne me remerciez pas.

        Trop tard.

Je partis. Finalement, mon message n'était peut-être pas si personnel que ça. Il disait : ''Appelle-moi. H.'' »

 

Et l'auteur a su faire preuve d'humour de circonstance, notamment dans cette scène totalement hallucinante, au début du roman, où le copain de la jeune femme fraîchement enterrée s'en prend à un vieil homme. Les insultes fusent, allant de loquedu à nazi, et notre brave croque-mort s'interpose. Et reçoit des coups. Il espère son salut d'un des employés, Sam, « un être carré, mi-graisse, mi-muscle ». Mais Sam est introuvable. Jusqu'à ce qu'il débarque, remontant sa braguette, « Un brave gamin, même si je lui ai déjà dit plusieurs fois de ne pas pisser au cimetière pendant son service ».

Pour finir par l'aspect humoristique du roman, je tenais à citer le nom du pub le plus proche des pompes funèbres, appelé SOS : Screaming Oyster Saloon (Le Saloon de l'huître hurlante).

Bref, c'est un roman que j'ai trouvé drôle, plein d'ironie de situation, d'humour parfois subtil, parfois plus lourd, avec des situations cocasses et des personnages hauts en couleur. Une lecture avec le sourire aux lèvres.

 

Mais ça ne s'arrête pas là. L'auteur a su intriguer ma curiosité, avec cette histoire de jeune femme qui vient se renseigner pour son propre enterrement. Mon seul regret est que la mort d'une jeune femme soit si vite acceptée comme un suicide et qu'on n'en parle finalement que si peu. Mais ensuite, l'enquête suit les ramifications qui semblent sans fin d'une affaire de chantage et de magouilles politiques.

 

Ce fut un roman très plaisant à lire, donc, très drôle, même si j'ai été un peu moins emballée par l'intrigue policière proprement dite.

 

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