La nuit des ondines, Elena Arseneva

Publié le par Blanche

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Résumé :

 

Tchernigov, le nouveau fief de Vladimir, se prépare aux festivités de la Saint Jean. Mais Vladimir est parti aux frontières de sa principauté pour lutter contre les Koumans. Mitko et Vassili sont partis guerroyer avec lui, mais Artem, à cause de sa blessure, a dû rester avec Philippos.

Mais alors que le boyard s'ennuie ferme dans la chaleur étouffante de ce mois de juin, un meurtre lui est signalé. A côté de la victime, ce message succinct « Ondine ». Le premier meurtre d'une liste beaucoup trop longue au goût d'Artem.

 

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Mon avis :

 

Toujours dans le cadre du challenge polar historique, j'ai attaqué la suite des aventures du boyard Artem.

 

Si j'ai été un peu déçue d'apprendre que Mitko et Vassili ne seraient pas de la partie dans ce tome, j'ai adoré retrouver ce cher Artem et son fils adoptif, Philippos.

 

J'aime toujours autant les réactions du boyard, notamment lorsque la liste des meurtres s'allonge. Au delà de la compassion qu'il peut ressentir pour les victimes et leurs proches, il se sent responsable de leur mort. Vladimir lui a accordé sa confiance en le nommant à son poste, et il a l'impression de faillir à sa mission en ne parvenant pas à arrêter le meurtrier ni à protéger les jeunes femmes. Il y a là un sens des responsabilités et de l'honneur qu'on ne trouve pas si souvent, j'ai l'impression, dans les polars plus classiques.

De même, j'ai aimé la manière dont l'auteur aborde la séduction et la tentation. Artem est veuf, homme dans la force de l'âge. Lorsque les jeunes femmes célèbrent les ondines, il ne reste pas de marbre, pas plus qu'il ne reste de marbre devant le charme de l'une d'entre elle. Mais s'il succombe brièvement, il se ressaisit vite et lutte contre ses sentiments. J'ai trouvé que c'était traité de manière très subtile, très vraie, et ça ne fait que grandir le personnage. S'il est tenté, il ne va pas forcément céder et se lancer dans des histoires impossibles.

 

Philippos se révèle de plus en plus intéressant, lui aussi. Il est amené à participer à l'enquête et fait preuve de beaucoup de courage et d'inconscience. Il est toujours en train de traficoter de son côté, et met bien souvent le boyard devant le fait accompli. Il lui suffit alors d'afficher une mine de circonstance pour essayer de se faire pardonner. Il vit lui aussi ses premiers émois, avec toute la fougue et les certitudes de son jeune âge. A sa manière, il est très touchant.

J'ai également beaucoup aimé les conversations entre Artem et Philippos, lorsqu'ils parlent des meurtres. Meurtres commis juste après la relation intime entre la victime et le tueur. J'ai trouvé à la fois touchant et drôle la gêne d'Artem, qui n'ose pas vraiment aborder ce sujet avec son fils adoptif.

 

Comme souvent dans cette série, nous avons une galerie de personnages, tous potentiellement coupables. A mesure qu'avance l'enquête, mes soupçons se sont portés sur plusieurs d'entre eux, sans grand succès, j'avoue. L'auteur brouille les pistes et pendant longtemps, on reste dans la perplexité d'Artem.

 

Et comme toujours, il y a cette dualité entre le christianisme et les rites ancestraux, entre la Saint-Jean et la fête des ondines. J'aime beaucoup voir ces deux aspects et les habitants tiraillés entre deux croyances.

 

Au final, j'ai été un peu moins emballée par cette histoire, peut-être parce qu'elle comporte quelques longueurs, peut-être parce que l'enquête piétine à un moment, peut-être parce que j'ai du mal à m'immerger dans mes lectures actuelles.

Mais ça reste pour moi une excellente série de polars historiques, qui ne tourne ni au cours d'histoire, ni à une séance de voyante où l'auteur nous glisse plein d'apartés sur le devenir des personnages. L'aspect historique est parfaitement intégré comme toile de fond à une enquête. Enquête servie par des personnages très touchants.

 

Un vrai régal !

 

J'ai aimé

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